Cette étude s’est intéressée aux effets de la caféine pure et du café sur la libération de cytokines, domaine peu exploré à ce jour. La caféine consommée seule exerce une influence différente de son effet lorsqu’elle est présente dans une matrice complexe comme le café.
La consommation de café est associée à de nombreux effets positifs sur la santé. Toutefois les mécanismes biologiques sous-jacents à ces effets restent mal compris. En particulier, les effets aigus du café sur les cytokines circulantes et le rôle spécifique de la caféine comparée au café n’ont pas été étudiés à ce jour chez les humains. Une étude germanique s’est attachée à élucider l’effet d’une dose de 130 mg de caféine (l’équivalent d’un grand café ou de 2 petits) sur la libération postprandiale de cytokines et a comparé l’effet de la caféine à celui du café.
Caféine, cytokine et immunité
Dans une étude pilote randomisée, 10 volontaires en bonne santé ont suivi 3 jours de test après avoir ingéré tour à tour 100 mL de café, d’une solution de caféine (130 mg) ou d’eau avec 10 jours de pause entre chaque test. Les auteurs ont observé que la caféine et le café influençaient tous deux l’homéostasie immunitaire, avec toutefois des différences notables dans la sécrétion des cytokines. La caféine pure a induit une réponse anti-inflammatoire plus marquée, comme le montre la baisse significative des cytokines pro-inflammatoires comme IL-17 A, IL-12p70, et IL-2 comparées au café et à l’eau. Par contre, la consommation de café a mené à un profil immunomodulateur plus intégré impliquant des augmentations de la cytokine anti-inflammatoire IL-4 et une atténuation des marqueurs pro-inflammatoires. Ces données suggèrent que la matrice complexe du café qui est riche en composés bioactifs comme les acides chlorogéniques pourrait contribuer aux effets modulateurs de la caféine sur le système immunitaire et les rendrait différents de la caféine pure. D’autres études sur de plus grandes cohortes restent nécessaires pour confirmer les résultats de cette étude pilote, et en particulier identifier les composés spécifiques impliqués dans les différents effets du café et explorer leur intérêt potentiel dans des populations souffrant d’une inflammation de bas-grade.
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