Ce travail s’est intéressé à l’effet du café sur le risque de diverses maladies digestives. Son originalité a été de stratifier les individus en fonction de la présence ou non d’édulcorants naturels ou artificiels au café.
Les effets du café sur la santé ont été bien étudiés, par contre les conséquences de l’ajout de sucre ou d’un édulcorant artificiel sur ces effets sont peu connues. Dans cette étude chinoise, les auteurs se sont intéressés à l’ajout d’édulcorants naturels ou artificiels dans le café sur son effet dans les maladies gastro-intestinales (MGIs). Les auteurs ont réalisé une étude de cohorte prospective incluant 147 263 participants sans MGIs préexistantes. Les participants ont répondu à un questionnaire sur leur consommation de café sans sucre, sucré naturellement ou artificiellement pendant les 24 h précédentes. Les MGIs incidentes ont été identifiées via leur dossier médical.
29 118 cas de MGIs incidentes ont été observés
Après un suivi médian de 12,6 ans, 29 118 cas de MGIs incidentes ont été observés. Pour le café non sucré, les auteurs ont constaté une association dose-dépendante en forme de U avec une diminution globale du risque de MGI (P-non-linéaire < 0.001), de 6 % à 16 % et le risque le plus bas pour une consommation de 2-3 tasses/jour (réduction de 16 %).
Effets protecteurs du café sans sucre
Des effets protecteurs du café non-sucré ont été observés également pour le reflux gastro-œsophagien, la gastrite et la duodénite, l’ulcère gastro-duodénal, la diverticulite, la cirrhose, la stéato-hépatite non alcoolique et les maladies biliaires. Le café non sucré atténue le risque de MGI génétique, avec des interactions additionnelles significatives pour la diverticulite et la cirrhose. À l’exception des deux dernières pathologies citées, l’effet protecteur du café suit également une courbe dose-réponse en forme de U. Ces effets sont robustes dans les différents sous-groupes. Par contre, le café sucré naturellement a des bénéfices limités alors que s’il est sucré artificiellement, les associations sont inconsistantes.
Il ressort de cette étude que la consommation de café non-sucré est associée à un risque réduit de MGI, ce qui est en faveur de son inclusion dans les recommandations diététiques. Toutefois, des études additionnelles restent nécessaires afin de clarifier les mécanismes sous-jacents et de valider ces données dans diverses populations.
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