Santé mentale : les bienfaits des effets génétiques du café

Dans cet article, les auteurs ont recherché si le café pouvait affecter la longueur des télomères, les protecteurs de nos gènes, indice du vieillissement cellulaire dans un petit groupe de malades atteints de schizophrénie ou de troubles affectifs. 

La longueur des télomères (LT) est un indicateur du vieillissement cellulaire. On a observé que les patients souffrant de troubles mentaux sévères tendent à avoir des télomères plus courts que la population générale. La consommation de café pourrait réduire le stress oxydatif, participant ainsi à la prévention des processus biologiques de vieillissement comme le raccourcissement des télomères. Le UK National Health Service et l’EFSA (European Food Safety Association) conseillent de limiter la consommation quotidienne de caféine à 400 mg, soit l’équivalent de 4 tasses de café. Néanmoins, les effets potentiels de la consommation de café sur la LT dans les populations psychiatriques ne sont pas vraiment connus et c’est ce qui a fait l’objet de cette étude britannique et norvégienne.

436 participants

Cette étude transversale a inclus 436 participants, spectre de schizophrénie (n=259) et troubles affectifs (n=177) provenant de l’étude norvégienne TOP. Chez ces patients, la LT des leucocytes a été mesurée par RT-PCR. Les patients ont communiqué eux-mêmes leur consommation de café calculée en tasses par jour (pas de café, 1-2, 3-4, ≥5).

3 à 4 tasses de café par jour pour profiter d’effets bénéfiques

Les auteurs ont observé une association en forme de J inverse entre la LT et la consommation de café, avec un pic à 3-4 tasses/jour et un déclin au-delà de 4 tasses/jour (F=3.29, p=0.02). La différence la plus marquée dans la LT a été retrouvée chez les individus consommant la dose maximale recommandée (4 tasses/jour) comparés aux non-consommateurs (F=6.13, p=0.01). Après ajustement pour les facteurs de confusion, les consommateurs de la quantité la plus élevée de café recommandée avaient des télomères plus longs, comparables à une réduction d’âge de 5 ans. À des niveaux de consommation supérieurs, l’effet s’inverse. 

Ces données rendent attentif aux effets bénéfiques du café chez les patients atteints de troubles mentaux, mais montrent aussi qu’il faudrait mieux contrôler la prise de café chez ces patients, souvent grands ou très grands consommateurs, pour préserver l’effet bénéfique du café.

Pour en savoir plus :

Mlakar V, Di Forti M, Halff EF, et al. Coffee intake is associated with telomere length in severe mental disorders. BMJ Ment Health. 2025 Nov 25;28(1):e301700. doi: 10.1136/bmjment-2025-301700.