On le sait : associer la prise d’un café à une courte sieste avant le réveil permet d’optimiser la récupération. En 2020, l’Université d’Australie du Sud s’est focalisé pour la 1ère fois sur les travailleurs de nuit dans une étude qui a démontré des bénéfices similaires à ceux déjà connus. Dénommée coffee nap, power nap ou encore, nappuccino, cette méthode tire profit du délai d’action de la caféine pour lutter contre l’inertie du sommeil et améliorer la vigilance tout au long de la nuit.
Le café est un rituel bien ancré dans la population française, consommé par le trois-quart des habitants. S’il a déjà fait l’objet d’études sur sa capacité à surmonter l’inertie du sommeil, le café est aussi utile, selon une nouvelle étude, dans le contexte du… travail de nuit !
L’étude, menée par l’Université d’Australie du Sud, est parue en 2020 dans la revue Chronobiology International, une revue spécialisée dans la recherche sur les rythmes biologiques. Elle se focalise sur l’association de la sieste couplée à une prise de caféine dans le cadre du travail de nuit. Résultat : même dans cette situation, consommer une tasse de café avant une sieste optimise la récupération.
Coffee nap, power nap, nappucino : les petits noms d’une potion magique
Coffee nap, power nap, nappuccino : les petits noms ne manquent pas pour désigner ce phénomène de la sieste qui suit la prise de café. Cette sieste a fait l’objet de plusieurs études dans les dernières années qui mettent en avant ses bénéfices sur la concentration et la réalisation de tâches cognitives. En annihilant l’inertie de sommeil, la caféine facilite en effet la phase d’éveil. Le docteur Luc Masset, psychiatre et médecin du sommeil à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris, explique : « La prise d’une tasse de café juste avant une sieste va avoir un double effet bénéfique. D’une part, le côté rafraîchissant de la courte sieste. D’autre part, le temps que cette sieste se déroule, nous allons absorber le café, qui va devenir psychoactif durant la trentaine de minutes de ce temps de repos. En effet, il ne faut pas oublier que quand nous absorbons du café, il n’est pas actif immédiatement : il y a toujours un petit délai d’action. Ce délai d’une trentaine de minutes permet de le rendre actif au moment où l’on se réveille de la sieste. »
Les étudiants et les jeunes travailleurs, plus fréquemment confrontés à des périodes de manque de sommeil, sont particulièrement concernés par les effets bénéfiques de la coffee nap. En outre, certaines études spécialisées mettent en lumière des effets plus inattendus, notamment sur les performances sportives et l’humeur, avec une nette amélioration dans les deux cas. Les recherches scientifiques portant sur le café servent également à mesurer de manière plus générale les interactions entre le corps et le cadre de vie. Elles ont aussi mis en lumière les différences à échelle individuelle, en termes de métabolisation du café et d’effets sur le sommeil.
Les nouvelles cibles des études : les travailleurs de nuit
Dans la continuité de ces avancées, une équipe de chercheurs de l’Université d’Australie du Sud a réalisé une étude pilote sur la population des travailleurs de nuit. En effet, pour les métiers nocturnes, qui font face à une forte prévalence d’inertie du sommeil, la disponibilité mentale, la concentration et l’humeur varient de manière importante. Les chercheurs australiens ont cherché à analyser l’impact de la consommation de café sur :
- la sensation de fatigue, grâce à l’échelle de Samn-Perelli ;
- la vigilance, via des tests psychomoteurs.
Pour cela, ils ont placé deux groupes en condition de travail à partir de 19 h 30. Tous les deux se sont vus proposer de réaliser une sieste de 30 minutes à 3 h 30 du matin. Quelques minutes avant la sieste, le groupe test a consommé 200 mg de caféine, soit l’équivalent d’une tasse de café filtre, tandis que le groupe témoin a reçu une quantité équivalente de café décaféiné. Le protocole de test a été appliqué quatre fois à intervalle régulier pendant les 50 minutes de la phase d’éveil, afin de mesurer le niveau de vigilance des participants.
Des résultats encourageants pour le café
Les résultats sont incitatifs : sur toute la phase d’éveil, une vraie différence a été remarquée entre les deux groupes concernant la sensation de fatigue : les personnes ayant consommé du café étaient, en effet, moins fatiguées. Par ailleurs, les réactions psychomotrices, elles, étaient également de meilleure qualité et ce, de manière continue sur la nuit. Ces résultats recoupent ceux d’études antérieures qui soulignaient par ailleurs l’augmentation de la vigilance et des performances pour les travailleurs de nuit grâce à l’association de la sieste et de la caféine. Ainsi, cette étude permet, en se basant sur le protocole proposé par les chercheurs, de poser les jalons pour de plus amples recherches. De manière plus générale, les résultats confirment le bénéfice de la consommation de café sur la récupération post-sieste et ainsi, le principe de celle que l’on nomme la « coffee nap ».
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